
Source Blog Samuel Mallet
La nouvelle fait grand bruit dans le monde des médias et plus particulièrement aux Etats-Unis. Le Conseil du prix Pulitzer (Graal du journalisme américain) vient en effet d’annoncer le 30 novembre dernier par le biais d’un communiqué qu’une nouvelle catégorie pourrait être créée prochainement, récompensant les auteurs (ou « relayeurs ») d’ « informations de dernière minute » (« breaking news » en anglais). Les twittos sont donc directement visés par cette nouvelle récompense. Une information qui donne à réfléchir sur la conception même du journalisme.
Le journalisme n’est pas (ou plus) ce qu’il était
C’est évident, les pratiques journalistiques ont bien évolué depuis l’avènement de Nouvelles Techniques d’Information et de Communication. Un véritable big bang médiatique. Fini (ou presque) le temps du recul vis-à-vis de l’actualité, fini (ou presque) le temps de la recherche approfondie des sources et de son croisement… Aujourd’hui, il faut rechercher avant tout le scoop, être coûte que coûte là où se déroule l’histoire, être au plus près de l’action, être dans l’instant… Parfois au péril de sa vie, parfois aussi au péril de la véracité des faits et de l’éthique, essence(s) de cette profession.
Mais, heureusement, d’où l’emploi du (ou presque), pour certains journalistes irréductibles, les mots « investigation » et « déontologie » ont encore une résonance et une saveur bien particulière. On les en remercie. Je ne suis pas dupe pour autant et comprend parfaitement les enjeux économiques et la pression du pouvoir vis-à-vis du Journalisme qui frustrent les consciences et n’offrent pas les conditions idéales dans la pratique de ce métier contre-pouvoir. D’ailleurs… une parenthèse… le Journalisme est-il encore un métier ? Je ne suis pas le premier et ne serai pas le dernier à avancer la question. Réponse : « on en vient à douter » j’avancerai, tant la promotion du « journalisme citoyen » est aujourd’hui (et depuis une dizaine d’années maintenant) une réalité.